Le vélo en toute sécurité
Après plus de trois semaines de coupure de nouvelles sur Le Petit Ergonome, j’amorce un retour en forme. Et, pour la forme, peut-on réellement trouver mieux que d’enfourcher son vélo pour enchaîner les kilomètres ? Existe-t-il quelque chose de plus ressourçant que de mouliner le pédalier en humant le grand air de la campagne ? Le tout en se musclant les gambettes !
En réalité, depuis que j’ai risqué ma vie sur cet engin à deux roues, je ne remonte que très rarement sur un vélo, le plus souvent contraint par la force. A l’heure où il est bien vu de se déplacer « écologiquement » et où chaque ville atteignant une taille raisonnable commence à rejeter les voitures de son centre, le vélo est un moyen de locomotion qui s’imposerait sans doute s'il n’y avait pas des problèmes de sécurité évidents, posés par la cohabitation avec les voitures. Certains centre-villes ont ainsi fait le pari d’aménagements lourds. Traditionnellement, on retrouve les pistes cyclables, qui sont caractérisées par un terre-plein séparant physiquement la zone cyclable de la voie pour véhicules motorisés, ainsi que les bandes cyclables, qui n’assurent pas de séparation physique entre les voies mais marquent une délimitation nette.
Dans ma bourgade reculée, mes politiques et autres gouvernants ont eu une autre idée, que j’appellerais la « sous-bande cyclable ».
Dans ce système, le marquage ne montre aucune distinction entre la voie pour les voitures et celle pour les vélos : il s’agit bien de la même voie. J’ai été interpelé par le choix de la couleur vert. Non seulement, elle contraste faiblement avec le revêtement de la chaussée, mais en plus le vert signale une permission dans le code de la route. Doit-on comprendre qu’il n’est permis au vélo de circuler uniquement sur les voies avec ce marquage ? Non, bien sûr… Habilement sous-entendu, la flèche et la position de la marque rappellent au cycliste qu’il lui est fortement recommandé de rouler à droite. Malheureusement, un cycliste peut éprouver le besoin de tourner à gauche, plutôt que d’aller sans cesse tout droit ou d’effectuer des cercles par la droite. Dans ce cas, le système mis en place ne répond plus de rien ! Or le tourné à gauche est bien la principale difficulté pour un vélo, puisqu’il impose de couper la route à des véhicules qui roulent bien plus vite.
J’ai essayé de trouver une autre raison qui justifierait la mise en place de « sous-bande cyclable ». Mon hypothèse était que les voitures, voyant le logo du vélo sur la route, lèveraient le pied pour anticiper le croisement probable d’un cycliste. Pour l’instant, les premiers constats sur le terrain ne semblent pas démontrer un réel ralentissement des véhicules à moteur, ce qui a surpris tout le monde dans mon entourage. Donc, ce système ne servirait à rien ? Si, il sert au moins à une chose pour nos politiques : faire semblant d’aménager des espaces pour les vélos tout en dépensant uniquement de l’argent pour le marquage au sol, la « sous-bande cyclable » étant sans conteste un moyen moins coûteux qu’une vraie bande cyclable et, à plus forte raison, qu’une piste cyclable.