IPad : la plus belle planche de surf

Publié le par Rémi Mounier

L’évènement de ce week-end est la fête de Pâques. Joyeuses fêtes à tous les lecteurs du Petit Ergonome !

 

 

ipad.jpgL’évènement secondaire est la sortie de l’iPad, la tablette électronique d’Apple. Pendant que les fans de la pomme font la queue au magasin, les accrocs du PC fustigent les nombreux défauts de l’iPad. Personnellement, je tenterai d’analyser la bête sans tomber dans un extrême, quel qu’il soit. Mon propos est essentiellement ciblé sur les tâches que pourrait remplir l’iPad. La question est simple : « Qu’est-ce que je pourrais bien faire avec un iPad ? »

1/ Naviguer sur le Web : Safari est imposé en navigateur. Pas de Flash et une gestion des onglets absente. En revanche, Apple a pompé sur Opéra le Speed Dial, une interface présentant l’ensemble de la page web indexée sous forme d’image cliquable.

2/ Consulter mes e-mails : pas de problèmes en perspective, mis à part des difficultés pour joindre des pièces au mail. L’utilisation professionnelle est donc compromise.

3/ Ecrire un document (traitement de texte) : malheureusement, le clavier virtuel n’autorise pas un frappe rapide, au contraire du clavier physique. Plus grave, l’iPad n’a pas de pied, il faut le tenir d’une main ou le poser sur une surface plane. La combinaison de ces deux caractéristiques devrait interdire l’utilisation prolongée de l’iPad en tant qu’outil de création. Quant au partage de documents, l’absence de ports USB sera problématique.

4/ Regarder un film et écouter de la musique : Apple n’intègre pas de lecteur DVD, pariant sur la dématérialisation des supports. C’est assez osé, il y a certainement des raisons marketing derrière, par exemple forcer l’utilisation d’iTunes comme plateforme de téléchargement.

 

          L’iPad n’est donc pas le remplaçant des netbooks. Il est inutile de comparer ces deux produits, car ils ne font pas réellement la même chose. Les netbooks sont des ordinateurs ultra-portables, limités en puissance et peu autonomes, mais qui peuvent réaliser toutes tâches de consultation et de création. L’iPad est curieusement une machine qui a mis complètement sur la touche les tâches de création pour développer une forte utilisabilité dans les tâches de consultation (lire des e-books, consulter ses mails, aller sur le web…). En cela, il se rapproche beaucoup plus d’une console de jeu que d’un ordinateur. Les choix de ne pas inclure un pied et de proposer une interface qui interagit avec un clavier numérique limite son utilisation sur des tâches de longue durée. L’iPad servira à de nombreuses tâches de courtes durées, insistant sur le zapping.

 

          Alors, est-ce que l’iPad est un mauvais produit ? Probablement est-ce un excellent produit pour les tâches de consultation simple. Il est intéressant de noter que c’est un des rares produits qui se distingue par son utilisabilité (comment j'apporte le service?) au détriment de l’utilité (quel service j'apporte ?). Pour faire un produit ergonomique, il faut les deux. Il répond pourtant à l’émergence d’un nouvel usage consistant à accéder rapidement à diverses sources d’informations, sans pour autant les traiter en profondeur. C’est le produit idéal pour le zapping, pour le surf web léger. Il y a fort à parier qu’Apple teste, avec cette première version, la pertinence de ce secteur, préparant de nouveaux produits cette fois totalement multi-usage, c’est-à-dire concurrençant les ordinateurs et les téléphones. En attendant, Apple a conçu la plus belle planche de surf du moment.  

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article