Bulletin du troisième trimestre
Vive l’informatique ! Enfin des données informatisées, traitables rapidement, facilitant les tâches pénibles et répétitives. La machine au service de l’homme. Les professeurs qui ont rentré les notes du troisième trimestre ont certainement un peu de mal avec ces phrases simplistes. Quel est le fautif ? La plateforme Sconet Notes, un infâme outil par lequel tous les professeurs doivent passer pour rentrer les notes et les appréciations de leurs élèves adorés.
Après avoir réussi à se connecter, le professeur plein de bonne volonté, qui n’est pas pour autant un grand habitué de la navigation web, se retrouve sur cette interface. Essayez de trouver où il doit cliquer pour parvenir à sa feuille de note, même si la qualité des copies d'écrans rend difficile la distinction des éléments de l'interface.
La réponse est encadrée en rouge : il s’agit bien du signe « + », complètement excentré dans une zone très peu visible. Il n’y a pas d’alternatives pour ouvrir la feuille de notes. La procédure est identique pour les appréciations. Une fois ouverte, la page des appréciations se comporte de cette manière :
Ce n’est certes pas l’interface la plus agréable qu’il nous ait été permis de voir, mais le tout semble fonctionnel. En réalité se cache une première erreur de conception en lien avec le feedback utilisateur. En cliquant sur « valider et continuer », aucun message de validation n’est adressé au professeur. De plus, l'utilisateur reste très exactement sur la même page. Coder une simple MsgBox n’était pourtant pas le bout du monde ! D’ailleurs, vers quoi continue-t-il ? Il se le demande encore… « Valider et sortir » permet de sortir de la page, sans avoir davantage d’informations sur la prise en compte de la saisie des notes ou appréciations.
Ensuite, il arrive que le professeur soit renvoyé sur la page de connexion après avoir cliqué sur un des boutons « valider ». C’est le cas lorsqu'il est resté connecté "trop longtemps", c’est-à-dire plus de trente minutes. Or, si le professeur réfléchit à la formulation des appréciations, il est fort possible qu’il y passe une demi-heure (moins d'une minute par élève). La tâche consistant à planifier la rédaction des appréciations, puis à les rédiger, ne peut donc pas s’effectuer directement sur l’ordinateur, mais doit être préparée à l’avance sur un autre format (papier ou traitement de texte). Ce système de déconnexion automatique, accompagné de l’absence totale de feedback, amène les professeurs à croire qu’ils ont bien rentré leur bulletin. Alors que Sconet les a tout bonnement déconnectés et n’a rien enregistré du tout.
Pour le professeur, le gain est équivalent à zéro. Le système lui a même fait perdre du temps s’il doit entrer à nouveau toutes les données. Et, probablement, une secrétaire l’aura sermonné auparavant. Sconet est un outil qui a oublié le contexte d’utilisation et qui s’inscrit dans la liste des hauts faits pour la lutte forcée et irréfléchie de l’utilisation de l’informatique à l’Education Nationale.