Colis caché
Relever son courrier est une tâche courante, effectuée par la plupart d’entre nous. Si l’on décompose cette tâche en plusieurs sous-tâches, on remarque aisément le caractère répétitif de notre comportement. Généralement la séquence donne quelque chose approchant de ceci :
1/ Jeter un coup d’œil en soulevant le battant pour voir s’il y a du « neuf » [non = fin du process];
2/ Si oui, ouvrir la boîte aux lettres;
3/ Trier le bon courrier des mauvaises pubs;
4/ Saisir le courrier;
5/ Fermer la boîte aux lettres.
Certaines personnes jurent qu’elles se passent de la première étape et qu’elles ouvrent directement la boîte aux lettres. Je vous suggère de les espionner discrètement car, mine de rien, l’étape 1 permet d’ouvrir la boîte aux lettres uniquement en cas d’absolue nécessité. C’est un gain non négligeable mais c’est aussi un risque consenti de ne pas percevoir le nouveau courrier, notamment à cause de l’obscurité.
J’en veux pour exemple cet avis de passage, oublié par le précédent releveur de boîte aux lettres.
L’avis de passage est correctement structuré et il donne tous les détails pour récupérer le colis. Malheureusement, il n’a pas été perçu dans l’étape 1. La principale raison réside dans le choix des couleurs, celles-ci étant trop peu discriminantes par rapport aux publicités. De plus, l’avis de passage du facteur est généralement jaune et cette couleur a été apprise par les usagers. Cependant, je comprends le transporteur qui désire se démarquer des services du postier historique. Les couleurs de ce document se justifient en termes de marketing mais pas en termes d’ergonomie. Ainsi, il est utile de prendre en compte le contexte dans lequel va se situer le document, de manière à réduire les erreurs des usagers. Sur une table, cet avis de passage est tout à fait satisfaisant. Dans une boîte aux lettres, il n’est pas perçu. Or, et ce n’est pas près de changer, les avis de passage se retrouvent très majoritairement dans les boîtes aux lettres.