Un volcan et des rails

Publié le par Rémi Mounier

eyjafjollIl a suffi d’un volcan pour paralyser les vols en partance ou à destination de l’Europe. Les médias ont largement diffusé les images des pauvres voyageurs bloqués dans les aéroports, attendant non sans exaspération qu’une solution leur soit proposée. « Nous n’avons même pas reçu une tasse de café, tempêtait un client d’une célèbre compagnie aérienne française ! »

 

          A mon sens, le manque de réactivité des compagnies tient au facteur tout à fait « imprévisible » de l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll. Ce scénario n’existait tout simplement pas dans la liste des perturbations et la régulation du système a alors été très (trop) longue à mettre en place. Les signes d’un dysfonctionnement majeur apparaissent dans la communication de l’information aux voyageurs : elle était inexistante aux aéroports, ou bien erronée, ou bien très difficilement accessibles sur des sites internet surchargés. Brouillée entre temps par un ministre brassant de l’air à défaut d’apporter des précisions sur la situation.

 

          Une éruption volcanique paralysant les vols ne peut pas être évitée. En revanche, elle peut être anticipée et c’est sur ce point que les compagnies aériennes devront faire des efforts, ce qui suppose la création de solutions viables pour contrer ce problème.

 

          Dans le même temps, la SNCF affichait sa solidarité en menant de front une de ses nombreuses grèves dont elle a le secret. Les voyageurs n’en demandaient pas tant ! Il y a peu, j’ai eu la chance de tomber sur un très bon reportage de France 5 : Paris St-Lazare, terminus des oubliés. Il plaçait en effet le problème des retards et autres suppressions de trains de façon large, en consultant à la fois les usagers et les professionnels impliqués par la situation (conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs…). Contrairement aux désagréments imputables aux volcans, la situation à la SNCF est pathologique dans la mesure où les incidents interviennent tous les jours. Un aiguilleur avoue même qu’il sait qu’en l’état, des problèmes de trafic arrivent systématiquement dans la journée. La régulation s’effectue alors de façon chaude, au cas par cas, ce qui occasionne un stress important pour les professionnels SNCF et les usagers.  Le plus troublant est certainement la position des syndicats (CGT, Sud et autres…) qui minimisent drastiquement la nature des problèmes pour les décrire uniquement en termes de réduction d’effectif et de salaire. Il m’apparaît impossible que la SNCF s’en sorte sans remettre en cause la structure de son réseau ferroviaire.

Pour les avions, en revanche, il suffira que le volcan s’endorme.

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Publié dans Socio-organisationnel

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