La mutation de Voyages SNCF
Les évènements les plus stupéfiants arrivent lorsque l’on ne les attend pas. La preuve cette semaine, lorsque j’ai reçu mes habituels spams de la SNCF dans ma boîte e-mail. L’un d’eux, pas peu fier, mentionne rien de moins qu’une nouvelle interface de Voyages-SNCF, un des sites de commerce qui recense le plus visiteurs grâce au monopole de la SNCF et qui hérisse les poils des clients depuis des années. En quelque sorte, beaucoup de galères commencent sur Voyages-SNCF, c’est un avant-goût du voyage en train. Voici le pré-retraité, que vous connaissez évidemment, et juste en dessous la jeunesse, le renouveau !
Alors, c’est mieux. Certes. Mais ce n’est pas beaucoup mieux. La seule chose qui change est la sobriété des couleurs ainsi que la cure d’amaigrissement du menu de navigation. Malheureusement, ce dernier présente toujours des termes assez peu évocateurs (onglet « train »). Surtout, son interaction est rendue plus compliquée, le clic étant mal géré pour ouvrir le sous-menu.
Ensuite, la zone centrale nous épargne les innombrables publicités. A la place, la SNCF exulte son bonheur de s’occuper pleinement de ses clients. Passée l’extase, symbolisée par le grand encart «tant qu’à faire un site pour vous », que va-t-on pouvoir trouver dans cette zone ? A l’évidence, la SNCF ne s’est pas encore rendue compte que la tâche principale de l’utilisateur sur ce site consiste à réserver un billet. L’encart permettant la réservation et la consultation des horaires se trouve en effet complètement à droite de l’écran. Si le look du formulaire a changé pour une police plus lisible mais aussi pour un fond noir fatiguant pour les yeux, les fonctionnalités derrière le décor sont les mêmes. On cherchera encore des gares oubliées par la base de données, on trouvera des trajets Agen –Toulouse qui prennent un raccourci par Marmande, les demandes nécessitant plus de deux changements feront exploser le système… Rien de bien innovant…
En conclusion, la réflexion s’est arrêtée sur le graphisme, qui est à moitié réussi. On remerciera quand même le designer qui, du haut de sa formation « ergonomie du web » de trois semaines, a simplifié le menu de navigation et la zone centrale et a créé un jeu d’icônes plus séduisant. En revanche, les clients étaient en droit d’attendre une remise en cause de l’ergonomie profonde du site web. Ils pourront toujours prier pour que le central ne fasse pas des siennes, empêchant toutes les réservations sur les TGV et Teoz depuis le site ou les bornes de libre service, comme ce fut le cas vendredi dernier.