Good job !

Publié le par Rémi Mounier

          En parcourant les discussions sur les forums de l’Apec, je me suis aperçu que les conseillers invitaient systématiquement les jeunes diplômés à utiliser Novapec, une sorte de plateforme censée regrouper des outils incroyables pour optimiser ses stratégies et techniques de retour à l’emploi. J’ai reçu dernièrement un e-mail m’informant que mon accès à Novapec sera bloqué dans un mois. Mince alors ! Je m’empresse donc d’écrire ce billet pour expliquer pourquoi je n’y suis presque jamais allé.

 

1/ Le contenu

          L’Apec ne renseigne pas les utilisateurs sur la nature et les avantages des outils de Novapec. Dès lors, il est difficile d’éprouver le besoin de se rendre sur cette partie du site. La finalité des outils n’est pas présentée ; il y a des fiches de travail, des « dossiers spéciaux », des quiz, des tutoriels, des interviews, des articles, des vidéos… Ce sont des descriptions techniques des outils, qui ne donnent aucune indication sur leur utilité par rapport à une tâche. C’est d’ailleurs assez inquiétant en soi car l’Apec, organisme d’aide à la recherche d’emploi, ne semble pas s’être posé la question : « qu’est-ce que cherchent les utilisateurs sur le site ? » Il aurait mieux valu guider l’utilisateur en proposant des problématiques fortes, comme « comment écrire une lettre de motivation », « comment rédiger un CV », « préparer un entretien d’embauche »… puis proposer les outils adaptés à chacune de ces tâches.

 

2/ L’interface

 

novapec

          L’interface Novapec multiplie inexplicablement cinq zones de navigation (encadrées en vert). La zone de navigation générale en haut doit être conservée, tout comme celle contextuelle (à gauche). La zone centrale (encadrée en jaune), dédiée à la tâche, comporte trois autres zones de navigation : une avec des post-its de couleur, une autre avec le design d’un iPhone et une autre permettant de sélectionner les vidéos. Les signaux qui indiquent où l’utilisateur se trouve sont très insuffisants. Essayez donc de les deviner sur cette copie d’écran, sachant qu'un indice est présent dans ce paragraphe.

 

          Je passe sur la lecture très difficile des informations sur l’iPhone virtuel, l’encart alloué autorisant environ 24 caractères par ligne. Le menu contextuel de gauche comporte des intitulés peu univoques et tous les outils se trouvent dans « mes ressources ». Les conditions d’utilisation sont encadrées par les fonctions totalement inutiles « mes notes » et « mes fichiers ». Honnêtement, comment pourrais-je éprouver la nécessité de stocker des fichiers sur Novapec, l’espace étant de plus limité à 5 MB ?

 

          En conclusion, l’erreur de conception de l’Apec a été de ne pas se baser sur la tâche des utilisateurs et de proposer une flopée d’outils non classés, avec un design inapproprié. Une réflexion centrée sur la tâche de l’utilisateur aurait permis de définir une utilité à Novapec et de construire une architecture de navigation compréhensible. En l’état, les jeunes diplômés ont encore des mois difficiles devant eux…         

 
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C
<br /> Je suis assez d'accord avec Paki. J'ai l'impression que c'est le cas dans beaucoup d'entreprises. Dans ce cas précis, on a l'impression qu'ils ont essayé de faire quelque chose d'attractif (j'ai<br /> dit "essayer") et innovant de par son interface. Effectivement, si cela avait été fait par quelqu'un formé pour ça cela aurait été pas trop mal.<br /> C'est pourquoi il est important que ces boîtes là sachent que l'ergonomie existe et qu'il est parfois nécessaire d'en faire usage (d'où le combat de Rémi via ce blog).<br /> <br /> <br />
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P
<br /> alors là, je peux dire que c'est un problème qui me semble commun à beaucoup de "boites", en particulier les grosses boites je pense. Je m'explique, tout en sachant que je n'y connais rien en<br /> informatique, ergonomie, etc... Les grosses boites ont un service IT, qui est là pour règler les problèmes de tous les jours (souris qui foire, word qui plante...). Pour développer des applications<br /> spéciales (logiciel, site internet spécialisé, etc..) on met ca en général dans les mains d'un chef de projet interne qui a à peu près autant d'expérience que moi sur le sujet. On convie aussi, à<br /> grand frais, un consultant extérieur, dont le travail principal sera d'essayer de vendre à grand frais (mais peu de dépenses), une solution déjà développée pour un autre client. Enfin, on trouve le<br /> "fournisseur" qui a la meme préoccupation que le consultant. Bien sur, tous ces gens ne sont pas les utilisateurs finaux du projet qu'ils développent, et donc ont une connaissance vague du besoin,<br /> ce qui ne les empeche pas de sortir un cahier des charges "négocié" pendant des mois, et validé à des échelons incroyables. Tout cela coute un fric et un temps fous, parfois plusieurs années.<br /> Parfois meme le projet est abandonné avant la fin, car la priorité n'est plus de finir le projet, mais d'en commencer un autre pour justifier un budget et un poste. Au final, on a donc un truc<br /> pourri qui marche à moitié, et des milliers d'utilisateurs mécontents, mais qui n'ont pas le droit de contester la solution qui a été pondue.<br /> <br /> <br />
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